Améliorer la qualité de l’air intérieur dans les bureaux pour gagner en efficacité

Améliorer la qualité de l’air intérieur dans les bureaux pour gagner en efficacité

02/07/2020


Suite à une étude américaine de l’université de Harvard datant de 2016, une équipe Française est allé plus loin pour tenter de déterminer le cout de la pollution par le CO2 et les COV pour les entreprises.

L’équipe Américaine a reproduit différentes conditions de qualité de l’environnement intérieure (QEI) dans des bureaux et mesuré leur impact sur les performances des personnes qui y travaillaient.

Dans cette nouvelle étude, vingt-quatre participants ont passé six journées de travail complètes (de 9h00 à 17h00) dans un espace de bureau avec un environnement intérieur contrôlé. Ils ont été exposés à des environnements intérieurs représentatifs des immeubles de bureaux standards, c’est-à-dire une forte concentration de composés organiques volatils (COV). Puis les participants ont été installé dans un second environnement de bureau qualifié de « vert » où la concentration en COV est faible. Enfin un troisième environnement a été simulé, un bâtiment « vert » mais avec un taux élevé de ventilation avec de l'air extérieur (labellisé Vert+). Enfin les chercheurs ont augmenté artificiellement dans ces environnements les niveaux de dioxyde de carbone pour en évaluer l’impact.

Quel est l’impact de la pollution par les COV dans les bureaux ?

En moyenne, par rapport à un bureau standard avec un niveau de COV élevé, les scores cognitifs étaient de 61% supérieurs dans l’environnement à faible teneur de COV (vert) et de 101% plus élevés lors des mesures dans l’environnement vert+.

Les COV agissent directement sur les capacités cognitives et celles-ci augmentent avec la diminution de la pollution par les COV.

Quel est l’impact du CO2 sur les capacités de réflexions ?

Le taux de CO2 présent dans l’air extérieur est de l’ordre de 400 parties par million (ppm).

Dans un espace confiné comme un bureau ou une salle de réunion, le taux de CO2 augmente rapidement. Avec un taux de CO2 considéré comme modéré, de l’ordre de 945 ppm, les capacités de réflexion mesurées baissaient de 15%.
Lorsque le taux de CO2 devient élevé, c’est-à-dire à un niveau de 1400 ppm, alors ses mêmes fonctions cognitives baissaient de 50%.

Cet effet est d’autant plus important dans les salles de réunion et les open spaces avec un nombre de personnes élevé de personnes présentes.

“La diminution du CO2 et de la pollution de l’air intérieur par les COV améliore les performances des entreprises”

Quel est le cout pour les entreprises ?

En croisant ces résultats de baisse de performance des employés avec des mesures de niveau de CO2 dans 42 pièces d’un bâtiment (des salles de réunions, des bureaux fermés, des open-spaces) et le cout horaire moyen des employés, une équipe de recherche française spécialisée dans l’analyse de donnés est arrivé à la conclusion que le cout pour l’entreprise était de l’ordre de 1000€ par mois par salle de réunion.
Evidement c’est d’autant plus couteux que le salaire horaire des participants est élevé, on pense ici donc aux cabinets d’avocats ou de conseils qui tiennent régulièrement des réunions avec une équipe nombreuse d’intervenants à hauts salaires.

Outre le cout il y a des risques sanitaires

Certes étudier le cout pour l’entreprise est un levier pour faire prendre des décisions en matière de contrôle des niveaux de pollution mais il ne faut pas oublier que les composés organiques volatils ont des effets très néfastes sur la santé (irritations des yeux, des muqueuses des vies respiratoires, troubles cardiaques et du système nerveux, céphalées, nausées...) et que certains COV sont cancérigènes (benzène...) et d'autres toxiques pour la reproduction ou mutagènes. Ils participent à l’absence des employés pour cause de maladie.

Quant au dioxyde de carbone c’est un gaz potentiellement mortel à forte concentration et qui a rapidement des effets sur la santé dès que sa concentration augmente.

Il est recommandé aux employeurs comme aux employés de réaliser des mesures des les taux de dioxyde de carbone par l’utilisation d’un capteur en temps réel mais aussi de procéder à une analyse en laboratoire pour évaluer le niveau de pollution par les COV, en priorité dans les salles de réunion et les open spaces.


Sources

Associations of Cognitive Function Scores with Carbon Dioxide, Ventilation, and Volatile Organic Compound Exposures in Office Workers: A Controlled Exposure Study of Green and Conventional Office Environments : https://ehp.niehs.nih.gov/doi/10.1289/ehp.1510037

Qualité de l’air au bureau, un enjeu de sante comme de productivité : https://www.10h11.com/qualite-de-lair-au-bureau-enjeu-sante-productivite/