Victime de la pollution de Lubrizol ?

Victime de la pollution de Lubrizol ?

11/10/2019


Quels sont les marqueurs chimiques de pollution permettant de faire le lien avec l’accident industriel du site SEVESO Lubrizol de Rouen ?


Le site industriel classé SEVESO contenait des substances dangereuses pour l’Homme et l’Environnement. Pendant l’incendie, les fumées qui se sont dégagées de l’usine Lubrizol contenaient en plus des résidus de combustion, de nombreuses substances chimiques toxiques.

Des particules de suies et d’huiles se sont déposées sur les végétaux, les terres, les sols, les voiries, les bâtiments et leurs toitures.
C’est non seulement la ville de Rouen mais aussi les lieux de passage de la fumée qu’il faut dépolluer car les risques pour la santé et les effets d’une exposition chroniques à cette pollution sont importants à moyen et long termes.
Sachant que cette pollution a été suivie jusqu’aux Pays Bas il y a une zone très importante en direction du Nord-Est depuis Rouen qui est impactée.


Combien de temps durera la pollution produite par l’incendie ?


Même si il est très difficile de statuer sur le temps que mettra la pollution à diminuer et ne plus présenter de risque chronique pour la population, en connaissant les périodes de demi-vie dans l’environnement, il est possible d’estimer la durée pendant laquelle la pollution sera présente.


« La demi-vie d’une substance est la durée nécessaire pour que la concentration diminue de moitié »

Pour la plupart des polluants déposés avec les retombées des fumées, les données environnementales de persistance dans l’environnement ne sont pas connues. Il est admis qu’il faut 10 périodes de demi-vie pour éliminer 99% de la pollution.
Sans données de référence pour évaluer cette durée, il est nécessaire de réaliser des mesures ponctuelles sur une longue période pour évaluer la décroissance de la pollution dans le temps.
Il est donc important d’effectuer des prélèvements et des analyses.


Doit-on rechercher les COV pour identifier l’incendie de Lubrizol ?


Les Composés Organiques Volatils (COV) comme le benzène, le toluène, l’éthylbenzène, le xylène et le naphtalène sont formés lors de la combustion des matériaux.
Même si elles sont très préoccupantes pour la santé (benzène et naphtalène en particulier), comme elles sont volatiles, elles ne restent pas longtemps dans l’environnement.
En conséquence, considérer les COV pour évaluer la pollution à long terme n’est pas pertinent.


Les HAP, marqueurs de l’incendie industriel de Rouen ?


Les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques ou HAP sont des assemblages de plusieurs cycles aromatiques (benzène). Peu volatiles, très stables et persistants dans l’environnement, ils sont les principaux marqueurs des incendies.

Les effets sur la santé et l’environnement des HAP sont aujourd’hui bien connus et il est recommandé de limiter autant que possible son exposition à ces substances dangereuses pour l’Homme.


C’est pourquoi après un incendie, il est conseillé d’effectuer une mesure de ces résidus de combustion afin de mesurer le niveau de la pollution, d’évaluer les risques sanitaires et le cas échéant de prendre les mesures nécessaires pour éliminer la pollution.

Il existe de multiples sources de HAP dans l’environnement intérieur, notamment la cuisine, l’encens, la fumée de tabac, certains systèmes de chauffage (fioul, cheminée, poêle à bois …).
Dans la plus grande partie des logements, ils sont retrouvés en faible quantité (concentration inférieure à 200 ng/g de poussière).


Dans les résidus de combustion d’un incendie, ils sont présents en très forte concentration et souvent à des niveaux dépassant les seuils de risque sanitaires et particulièrement pour le benzo(a)pyrène (CAS 50-32-8), le plus nocif des HAP.

Comme ils sont présents dans tous les incendies (domestiques ou industriels), ils constituent un premier élément de preuve permettant de faire un lien avec la pollution de l’incendie de Lubrizol.


L’entrepôt  qui a été incendié contenait de multiples produits chimiques : des huiles minérales (hydrocarbures lourds) et des additifs multiples. Ces éléments constituent des marqueurs chimiques spécifiques de la pollution induite par l’incendie de lubrizol.
Ils sont donc identifiables par une analyse ciblée.

Tous les produits chimiques mélangés peuvent réagir entre eux et former de nouvelles molécules qu’il faudra identifier par une analyse en laboratoire.

En conséquence, cet accident industriel a provoqué une dispersion de produits inconnus dont nul ne connaît les effets sur la santé humaine pour des expositions aiguës et chroniques.

 


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