Comment tester la pollution par les fumées toxiques de l’incendie Lubrizol ?

Comment tester la pollution par les fumées toxiques de l’incendie Lubrizol ?

11/11/2019


Pendant les dix-sept heures qu’a duré l’incendie des entrepôts de Lubrizol et de Normandie Logistique, les nuages de fumées toxiques produites par l’incendie ont déposé des résidus toxiques sur plusieurs centaines de kilomètres au Nord-Est de Rouen.


Les fumées et les suies d’incendie sont classées comme substances cancérigènes avérées pour l’Homme par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Dans le cas d’un incendie de produits chimiques, la toxicité des produits brulés s’ajoute à celle des fumées et des suies.

Les autorités et les associations ont effectué de nombreux prélèvements pour évaluer les risques pour la santé des habitants. Des recherches de métaux lourds, d’amiante, des résidus de combustion, de dioxines sont en cours pour identifier les risques connus.
Les investigations d’urgence doivent aujourd’hui être complétées pour évaluer les risques sanitaires à moyen et long terme. Il faudra plusieurs mois, voire des années avant que les conclusions des investigations ne soient disponibles pour le grand public.

C’est donc aujourd’hui à chaque personne concernée faire réaliser ses propres analyses afin d’identifier les polluants portés par le nuage toxique et de prendre les mesures pour limiter son exposition.


A quelles substances toxiques sont exposées les populations de Rouen et des communes au Nord-Est de Rouen ?


Les molécules à rechercher en priorité sont les marqueurs des incendies, les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP),  les analyses réalisées portent généralement sur une série de 16 HAP :


Benzo[a]pyrene (CAS 50-32-8), Benzo[a]anthracene (CAS 56-55-3), Chrysene (CAS 218-01-9), Benzo[k]fluoranthene (CAS 207-08-9), Benzo[b]fluoranthene (CAS 205-99-2), Naphthalene (CAS 91-20-3), Acenaphthylene (CAS 208-96-8), Acenaphthene (CAS 83-32-9), Anthracene (CAS 120-12-7), Benzo[ghi]perylene (CAS 191-24-2), Indeno[123cd]pyrene (CAS 193-39-5), Dibenzo[ah]anthracene (CAS 53-70-3), Phenanthrene (CAS 85-01-8), Pyrene (CAS 129-00-0), Fluorene (CAS 86-73-7), Fluoranthene (CAS 206-44-0).


Où se trouve la pollution ?


Les analyses des prélèvements réalisées par l’INERIS pour la Préfecture de Rouen attestent d’une pollution de l’environnement par les HAP.
Les HAP sont présents sur les particules fines que nous inhalons et dans les poussières qui se déposent sur et dans les bâtiments.
Les poussières de l’extérieur sont importées à l’intérieur des bâtiments par l’aération et les semelles des chaussures et pour ces raisons les poussières domestiques présentent les indices de la pollution extérieure.
Comme nous passons plus de 80% de notre temps à l’intérieur des bâtiments, c’est à l’intérieur des logements et des bureaux que notre exposition est la plus importante.


Quels sont les marqueurs chimiques spécifiques de l’incendie de Lubrizol ?


La liste des produits chimiques fournis par Lubrizol montre que l’entrepôt contenait plusieurs milliers de tonnes de produits chimiques, principalement des huiles minérales composées d’hydrocarbures lourds et d’une centaine d’additifs chimiques.
Autant de produits chimiques à rechercher dans les échantillons prélevés par les riverains et les autorités et qui constituent des preuves d’une pollution liée à l’incendie de l’installation Seveso de Lubrizol.

Les toxicités des produits contenus dans les entrepôts de Lubrizol et Normandie Logistique sont peu documentées mais le classement Seveso des installations indique avec certitude que les produits stockés présentaient un risque pour l’Homme et l’Environnement.


Ce mélange complexe porté à haute température conjugué aux produits chimiques utilisés pour lutter contre les incendies industriels peut réagir et former de nouveaux produits toxiques inconnus et qui ne sont pas recherchés dans les analyses classiques réalisées dans l’urgence de la situation.
En conséquence, une incertitude demeure sur les produits à rechercher afin de réaliser une évaluation fine des risques sanitaires pour les populations exposées.


Comment identifier les produits chimiques spécifiques de l’incendie de Rouen ?


Pour connaître la nature réelle de la pollution, il est donc dans un premier temps impératif de réaliser une analyse spécifique permettant d’identifier les produits inconnus présents dans les suies.

Les signatures chimiques des molécules détectées sont croisées avec une banque de données et permettent ainsi l’identification des produits chimiques présents dans l’échantillon.
Cette reconnaissance est une étape indispensable pour évaluer les risques pour la santé des riverains des zones touchées par les retombées du nuage de fumée.


« Seule une analyse spécifique permet d’identifier les marqueurs caractéristiques de la pollution de Lubrizol »

Les analyses sélectionnées par YOOTEST permettent mesurer cette pollution dans l’environnement intérieur des bâtiments touchées par les retombées des fumées toxiques. Ces recherches doivent se réaliser en deux étapes :

Dans un premier temps la réalisation d’un “test pollution incendie » va permettre de démontrer la présence des HAP. Ces produits toxiques sont à rechercher en priorité pour évaluer les risques pour la santé des occupants (logements et locaux professionnels).
Ensuite, si ce test démontre la présence de HAPs à des niveaux inhabituels, alors une analyse complémentaire appelée « screening » va permettre de rechercher la signature des hydrocarbures lourds considérés comme des marqueurs chimiques spécifiques des huiles minérales brulées lors de l’incendie de Lubrizol.


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Attention, dans le cadre d’une procédure judiciaire, les échantillons doivent être prélevés par une personne assermentée comme un huissier de justice.