Les COV : principale source de pollution de l’air intérieur

15/04/2019

Les Composés Organiques Volatils ou COV sont des molécules chimiques gazeuses à température ambiante. Ils sont présents dans de nombreux produits de la vie courante : produits ménagers, colles, mobilier, parfums d'intérieur, produits cosmétiques, huiles essentielles, encens, bougies, solvants (peinture, détachants)...

L’utilisation de solvants est la principale source d’émission des composés organiques volatils, représentant 45 % des émissions d'après l'Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME).

Les COV agissent plusieurs manières sur la santé des occupants des logements et des bureaux. Ces molécules chimiques sont des substances cancérigènes comme le benzène et le formaldéhyde, ou neurotoxiques comme le tétrachloroéthylène (perchloréthylène, solvants du nettoyage à sec dans les pressings) ou le trichloroéthylène (détachant). D’une manière générale, les COV sont irritants pour les voies respiratoires et favorisent la survenue des crises d’asthme et des allergies respiratoires.



Les enfants et les personnes ayant des difficultés respiratoires telles que l’asthme ou la Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) sont beaucoup plus sensibles aux effets sanitaires des COV.

L’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur (OQAI) a réalisé entre 2003 et 2005 une campagne de mesure sur 567 logements. Des prélèvements de COV avec des capteurs passifs comme ceux utilisés dans les Test d’analyse YOOTEST, ont été réalisées à l'intérieur des logements (séjour, cuisine, chambre), à l'extérieur et dans le garage.

Les polluants volatils recherchés étaient: le formaldéhyde, l'acétaldéhyde, l'hexaldéhyde, l'acroléine, le benzène, l'éthylbenzène, le toluène, les xylènes, le styrène, le 1,2,4-triméthylbenzène, le 1,4-dichlorobenzène, le trichloroéthylène, le tétrachloroéthylène, le décane, le undécane, le 2-butoxyéthanol, l'acétate de 2-butoxy-éthyl, le 1-méthoxy-2-propanol et l'acétate de 1-méthoxy-2-propyl.


Les résultats de la surveillance de la qualité de l’air intérieur mette en évidence une pollution des logements par de multiples COV et qu’ils sont plus concentrés que dans l’air extérieur

Pour mieux cerner cette menace invisible et qui pourtant pèse sur la santé de chacun, YOOTEST vous présente les principaux résultats de la campagne de mesure de l’OQAI concernant les composés organiques volatils que l’on trouve le plus fréquemment dans l’air intérieur.

Ces COV sont classés dans plusieurs familles : les aldéhydes (formaldéhyde et acétaldéhyde), les composés aromatiques, les organochlorés (molécules organiques qui contiennent au moins un atome de chlore) et les terpènes (molécules odorantes naturelles) contenues notamment dans les produits ménagers.


Le formaldéhyde, l’acétaldéhyde, les cétones et les aldéhydes

Plus connu sous le nom de formol, le formaldéhyde est présent dans tous les logements, notamment car il est utilisé comme désinfectant pour ses propriétés de biocide, comme colle dans le bois aggloméré, comme fixateur et comme liant dans des résines (produits de bricolage ou d’entretien, revêtements des murs, sols, meubles, plastiques, etc.). Il est également présent dans la fumée de tabac et formé lors des processus de combustion des bougies et des encens.

Classé cancérigène avéré pour l’Homme (Groupe 1) par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC / IARC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il induit des cancer du nasopharynx et des leucémies myéloïde (cancer du sang). Par ailleurs, la présence de ce polluant dans l’air favorise l’asthme et les allergies. Pour ces raisons, le formaldéhyde apparait comme un des polluants les plus préoccupants dans les logements.


La mesure du formaldéhyde dans l’air intérieur est le test de qualité de l’air à réaliser en priorité dans les lieux où vous passez le plus de temps. En raison de travaux d’aménagement et du mobilier souvent neuf, les chambres d’enfants sont souvent les endroits les plus pollués par le formaldéhyde.


Le Test YOOTEST Formaldéhyde permet de mesurer ce polluant prioritaire


L’acétaldéhyde est également retrouvé dans  tous les logements étudiés. Il s’agit d’une substance classée cancérogène possible pour l’homme par le CIRC (Groupe 2B). L’US EPA (Agence de Protection de l’Environnement des Etats-Unis) reconnait également son caractère cancérogène probable pour l’homme (groupe B2).

L'acétaldéhyde, entre dans la fabrication de colorants et de parfums (additif, désodorisant, arome …). Il est également utilisé dans les produits cosmétiques et dans l’industrie agroalimentaire. Au sein des bâtiments, il est émis par les matériaux de construction, de décoration, d’ameublement et par de nombreux produits de la vie quotidienne (nettoyants de sols, parquets, stratifiés, colles, lasures, décapants, dalles et flocages, etc.).


Le benzène et les hydrocarbures aromatiques

Ces composés aromatiques sont des molécules cycliques: le benzène, le toluène, l'éthylbenzène, les xylènes, le styrène et les triméthylbenzène, constituent une famille de COV également présents dans beaucoup de logements.

Le plus connu est le benzène que l’on trouve dans plus de 80% des logements en France et dont la concentration dépasse 2 µg/m3(VGAI) dans un logement sur deux.

Le CIRC classe le benzène comme cancérogène avéré pour l’homme (Groupe 1) et précise que l’inhalation est la voie principale d’exposition.

Les composés de la famille du benzène sont présents dans les hydrocarbures (essence, fuel …) et ils sont produits par la combustion des matières organiques (tabagisme, bougies et encens). Une cheminée ou un poêle à bois peut également constituer une source importante de benzène et de composés aromatiques.

Ces polluants de l’air intérieur sont aussi émis par produits de bricolage, des colles, des peintures et des matériaux de décoration. Ils peuvent également entrer dans la composition de nettoyants, de solvants et de produits d’entretien.


Les Terpènes

Les produits de nettoyage et d’entretien contiennent bien souvent des parfums comme le citron ou le pin. Ces odeurs sont caractéristiques des terpènes comme le limonène et l’alpha-pinène. Ces produits chimiques présentent des propriétés biocide et bactéricide. Bien que ces COV ne présentent pas une toxicité forte, ils contribuent à la charge de pollution de l’air intérieur.


Les organochlorés

Enfin, dernière famille évoquée ici, les composés organiques volatils contenant du chlore comme le trichloroéthylène (détachant), le tétrachloroéthylène (solvant du nettoyage à sec des pressings) et le dichlorobenzène (antimite). La législation concernant les solvants organochlorés limite aujourd’hui beaucoup l’utilisation de ces substances toxiques. Ils sont présent par exemple dans des colles, des dégraissants, le cirage, les produits pour nettoyer les moquettes. Concernant les effets cancérigènes, le CIRC a classé en 1995 le trichloroéthylène comme cancérigène probable pour l’homme (groupe 2A).

Toujours d’après les études de l’OQAI, sachez que plus d’un logement sur deux en France sont pollués par le 1,4-Dichlorobenzène, l'éthylbenzène, le toluène, le styrène, les xylènes, le décane (hydrocarbure C10), le undecane (hydrocarbure C11), le tétrachloroéthylène, le trichloroéthylène et le 1,2,4-Triméthylbenzène.

Vivre quotidiennement dans un environnement pollué peut nuire gravement à la santé. Réaliser un test de qualité de l’air intérieur c’est vous permettre de savoir si votre environnement est sain et d’agir en connaissant les parametres exacts si ce n’est pas la cas.

Ce n’est que par une analyse précise, effectuée en laboratoire, que l’on est capable d’identifier les types et les quantités de substances présentes et d’agir pour réduire ou éliminer ces pollutions.