Des pesticides en ville ?

15/04/2019


Quand on pense pesticide on pense à la campagne, aux cultures et aux jardins mais en réalité ils sont aussi présents dans nos appartements, nos maisons et ce même en ville.


Nous sommes sensibilisés aux pesticides qui sont pulvérisés sur les légumes et les plantes issus de l’agriculture conventionnelle et nous pensons pense qu’en s’alimentant avec des légumes dits « bios » on passe au travers de la contamination mais en réalité il existe de nombreuses autres sources de pesticides qui font que même en ville on est confronté au problème.


L’interdiction ne concerne pas les produits vétérinaires destinés aux animaux domestiques (chiens, chats, lapins…). Il est courant que des néonicontinoïdes , souvent associés à d’autres substances, entrent dans la composition des produits antipuces ou anti-tiques à appliquer sur les animaux de compagnie.

Le problème se pose aussi avec de nombreux colliers antipuces qui deviennent des vecteurs persistants de diffusion de produits toxiques dans nos logements.


Evidement il ne faut pas utiliser ces produits pour traiter les poux des enfants contrairement à ce que l’on peut lire sur certains forums internet.

Ne sont pas non plus concernés par l’interdiction des néonicontinoïdes : les produits biocides c’est-à-dire ceux que l’on peut utiliser dans nos habitations et qui se répartissent en quatre grandes classes :

  • les désinfectants (hygiène humaine ou animale, désinfection des surfaces, désinfection de l’eau potable…),
  • les produits de protection (produits de protection du bois, des matériaux de construction….),
  • les produits de lutte contre les nuisibles (raticides, insecticides, répulsifs…),
  • les autres produits biocides (fluides utilisés pour l’embaumement, produits antisalissure).

Gel contre les blattes, enduit pour le bois, produit ménager surpuissants, appâts contre les fourmis, poison contre les rongeurs, collant contre les mouches, pulvérisation contre les termites, éliminations des nids de guêpes ou de frelons … autant d’usages domestiques qui peuvent créer une contamination importante et durable de l’habitation et une exposition des occupants aux pesticides.

 


Autre exemple auquel on ne s’attend pas : une etude de l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) certaines serviettes hygiéniques et protège-slips commercialisés en France contiennent du Lindane et du Quintozène qui sont deux pesticides dont l’usage est interdit en Europe depuis 2000.


Si lANSES assure  que les données disponibles "ne mettent pas en évidence d'effet nocif pour la santé humaine, dans le respect des conditions d'emplois fixées dans les autorisations de mise sur le marché" il faut garder à l’esprit que son évaluation prend également en compte "la question bénéfice-risque" et aussi traite les produits de manière isolé et non l’ensemble des produits que l’on est amené à utiliser à son domicile et des substances chimiques multiples auxquelles nous pouvons être exposés.


C’est souvent cette accumulation de composés qui crée un effet « cocktail » extrêmement nocif.

L’un des meilleurs exemples sont les insecticides de la famille des pyrèthres et pyrèthrinoide couramment utilisés comme anti-moustique.  Les formulations commercialisées contiennent également un synergisant, le pipéronide butoxide. Cet ingrédient permet de démultiplier par 100 à 1000 les effects toxique des insecticides.