Quels produits toxiques polluent les poussières de nos maisons ?

13/12/2019


Nous ne sommes pas particulièrement inquiets de voir des moutons de poussière au sol, sans doute disgracieux, mais qui semble être juste un mélange de cheveux et de poils de chien ou de chat.

Une étude américaine publiée en 2016 montre cependant que c'est beaucoup plus que cela.


Ce que nous appelons "poussière” est en réalité une combinaison complexe de fibres, de particules fines, de minéraux, de squames, de métaux lourds, de produits chimiques, de pollen, de spores, de moisissures ...

Selon cette méta-analyse d’études réalisées aux Etats-Unis, cette poussière est un véritable réservoir de produits chimiques issus des matériaux et des biens de consommation de notre environnement quotidien. Malheureusement, de nombreux composés chimiques toxiques présents dans les poussières peuvent avoir des effets délétères, reconnus ou suspectés comme tels, sur la santé.

Parmi les substances chimiques que l’on peut retrouver dans la poussière intérieure, les résultats des analyses indiquent quasi systématiquement la présence des produits chimiques des classes suivantes : des phtalates (présents aux plus fortes concentrations), suivis des phénols, des RdF (retardateurs de flammes) et des PFAS (les perfluoroalkyles).


« Phtalates, Phénols, Retardateurs de Flamme et Perluoroalkyls sont des polluants très présents dans les poussières et constituent des marqueurs de la pollution de l’air que l’on respire quotidiennement »

Quels sont les polluants retrouvés dans les poussières ?

Les phtalates et RdF (retardateurs de flamme) sont les principaux polluants retrouvés dans les poussières. Ce sont des produits chimiques qui présentent des caractéristiques reconnues de toxicité pour la reproduction et pour le système endocrinien. Selon les autorités sanitaires, ces polluants sont extrêmement préoccupants pour la santé publique.

Les phtalates sont des substances chimiques qui entrent dans la composition de la grande majorité des plastiques et certains produits cosmétiques. Ils sont utilisés pour modifier les propriétés chimiques (flexibilité, dureté …) des polymères qui sont les principaux constituants des plastiques.


« Les phtalates sont les marqueurs chimiques de la pollution par les plastiques »

Les phtalates sont très largement employés depuis plus de 60 ans et sont aujourd’hui omniprésents en grandes quantités dans notre environnement quotidien. Du fait de leur forte toxicité pour l’Homme, leur emploi est de plus en plus réglementé et contrôlé au sein de l’Europe.

Il existe des dizaines de types de phtalates différents mais les plus présents dans les poussières domestiques sont le DEHP (Di-Ethyl-Hexyl-Phtalate), le BBzP (Butyl-Benzyl-Phtalate) et le DBP (Di-Butyl-Phtalate).


« Les phtalates peuvent représenter jusque 50% de la masse du plastique »

Les retardateurs de flamme (RdF) sont une classe d’additifs utilisés pour minimiser les risques d'incendie des matériaux de synthèses (polymériques).

Les RdF sont utilisés dans les plastiques, les textiles, les circuits électroniques, les isolants thermiques (dans les bâtiments), les circuits imprimés, les thermoplastiques (TV, téléphones), les appareils ménagers, les mousses.


« Les retardateurs de flamme sont présents dans un grand nombre de produits de consommation »

Les retardateurs de flamme les plus fréquents dans notre environnement intérieur sont les composés organiques chlorés ou bromés comme les Poly-Chloro-Biphényls (PCB), les Poly-Bromo-Diphenyl-Ether (PBDE), les Hexa-Bromo-Cyclo-Dodécane (HCBD), le Tétra-Bromo-Bisphénol-A (TBBPA) et les composés organiques organophosphorés comme le Tri-Phényl-Phosphate (TPhP).

Ces produits chimiques très utilisés présentent des effets toxiques avérés sur l’Homme et leur utilisation est règlementée. Les organophosphorés sont reconnus pour être neurotoxiques.


Les phénols sont particulièrement présents dans les produits cosmétiques, les lotions et les produits ménagers. Ces substances chimiques sont des perturbateurs endocriniens avérés. Il s’agit des bisphénols (Bisphénol-A, BPA), des parabènes (conservateurs) et des alkylphénols (nonyl-phénols, octyl-phénols).


« Les dérivés de phénol sont utilisés comme additifs dans les plastique (Bisphénol-A, BPA), comme conservateur dans les cosmétiques (Parabènes) et tensioactifs dans les produits ménagers (alkylphénols) »

Les perfluoroalkyles [PFAS ] sont utilisés dans les textiles comme additif antitache et dans les ustensiles de cuisine pour leurs propriétés antiadhésives (poêles, sauteuse …).
Il s’agit de composés organiques à forte teneur en fluor comme l’acide perfluoro-octanoïque (PFOA) ou l’acide perfluoro-octanesulfonique (PFOS). Les PFAs sont persistants, s’accumulent dans les organismes et sont suspectés, notamment, d’avoir des effets toxiques sur la reproduction (infertilité) et d’augmenter les risques de cancer et de maladies congénitales.


« Les perfuoroalkys (PFAS) sont présents dans les textiles antitaches et les ustensiles de cuisine antiadhésifs »

Quels sont les risques pour la santé liés à ces composés ?

L’exposition chronique et quotidienne à ce cocktail de multiples produits chimiques présente clairement un risque pour la santé des occupants.

Sans tenir compte d’un effet cocktail potentiel, la revue des propriétés toxicologique montre notamment des :

Troubles neurologiques ;
Troubles respiratoires ;
Troubles hépatiques et digestifs ;
Troubles immunitaires ;
Augmentations du risque de cancer ;
Troubles du développement ;
Perturbations hormonales ;
Troubles de la reproduction.


La toxicité d'une substance dépend parfois de sa capacité à s'accumuler dans l'organisme et certains de ces substances sont bioaccumulatives et/ou persistantes dans l’environnement.


Le constat dressé par cette méta-analyse est alarmant car il montre que notre environnement quotidien (familial ou professionnel) est pollué par un cocktail de produits chimiques dont les preuves des effets toxiques sur la santé humaine ont déjà été apportées pour chaque substance individuellement.

Cette pollution importante de l’air intérieur des logements et des lieux de travail produit une exposition chronique des occupants et des risques pour la santé ne sont pas à exclure. En particulier pour les femmes enceintes ou allaitantes et les enfants exposés à des substances ayant des effets perturbateurs endocriniens.

De plus, il est fortement probable, que les impacts sur la santé des populations conséquences de la démultiplication des effets par les mélanges de produits chimiques soient largement sous-estimés.


Il est donc essentiel d’agir individuellement pour améliorer la qualité de son environnement intérieur et diminuer son exposition aux substances toxiques contenues dans les poussières. L’identification, par analyse de la poussière, est nécessaire à toute tentative d’élimination de la source à l’origine de pollution pour permettre de limiter l’accumulation des polluants dans l’environnement intérieur.

L’air extérieur est généralement moins pollué que l’air intérieur.

Le renouvellement de l’air intérieur avec de l’air extérieur permet donc de diminuer les concentrations des polluants présents à l’intérieur en évitant leur accumulation.

La purification de l’air intérieur avec un dispositif de filtration adapté permet de diminuer la concentration de la poussière dans l’air intérieur. Le traitement de l’air agit donc directement sur la pollution de l’air intérieur liée aux produits toxiques contenus dans la poussière.


Pourquoi faire une analyse des poussières ?

Une analyse en laboratoire de la poussière présente dans votre logement ou votre lieu de travail permet en premier lieu d’évaluer le niveau de pollution et si nécessaire de mettre en place les actions d’amélioration visant à réduire la pollution de l’environnement intérieur et diminuer l’exposition des occupants.


« L’analyse de poussière permet de savoir si une chambre d’enfant est saine et sans excès de risque pour sa santé ».

Dans un premier temps, l’analyse de la poussière permet de mettre en évidence avec une grande précision quels sont les toxiques responsables de la pollution et d’identifier les principales sources de pollutions.

Les résultats obtenus peuvent être comparés avec ceux obtenues dans les études scientifiques internationales sur la pollution de l’air intérieur. Il est ainsi possible de savoir si les résultats se situent dans la moyenne, la fourchette basse ou la fourchette haute et d’agir en conséquence.

Dans un second temps, l’analyse de la poussière permet de mesurer l’efficacité des actions mises en place pour diminuer la pollution de l’environnement intérieur.

L’équipe scientifique de YOOTEST a développé une gamme complète de solutions très simples d’utilisation et bénéficiant des performances et de la fiabilité d’une analyse en laboratoire pour mesurer la pollution de l’air et de l’environnement intérieur.

 


Sources

(1) S.D. Mitro et al., Environ. Sci. Technol. 2016, 50, 10661−10672

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5052660/pdf/es6b02023.pdf