De la difficulté d’interdire les pesticides en France et en Europe

De la difficulté d’interdire les pesticides en France et en Europe

18/06/2020


Qu’est-ce que le Dimethoate ?

Son nom scientifique est 2-diméthoxy-phosphinothioylthio-N-méthylacétamide et c’est un pesticide destiné à éliminer les insectes (insecticide) ainsi que les acariens (acaricide).

Ce produit, commercialisé à partir de 1948, est à "large spectre". C’est à dire qu’il n’est pas sélectif et qu’il permet d’éliminer un maximum de types d’insectes et d’acariens.

En soixante dix ans, le diméthoate à été utilisé à de nombreuses fins du fait justement de ce large spectre qui lui permet d’éliminer une grande variété d’insectes. Dans l’agriculture que cela soit dans des plantations de céréales, dans des vergers mais aussi sur le bétail pour lutter contre les parasites.
Il a aussi été très utilisé dans les habitations puisqu’on le trouvait dans les bombes de « tue mouche » très en vogue à une certaine époque.

Il aura fallu attendre l’an 2000 pour que les autorisations d’usage non-agricole soit levées et depuis la règlementation autours de ce produit ne cesse de se renforcer.


Pourquoi interdire le pesticide Dimethoate ?

Ce pesticide agit en s’attaquant au système nerveux de ses cibles. Hélas il a aussi des effets sur l’Homme.

Pour l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments, le potentiel génotoxique du diméthoate « n’a pas pu être écarté », tandis que son principal métabolite (molécule issue de sa dégradation), l’ométhoate, a été classé comme "agent mutagène in vivo".


« Le diméthoate est classé très toxique, nocif et dangereux. »

De la difficulté de ne pas laisser les pesticides, même interdits, atteindre le consommateur

En 2016, les autorités Françaises ont décidé d’interdire l’utilisation du Diméthoate dans l’agriculture. Les producteurs de cerises en particulier avaient crié au scandale car on les laissait à la merci des mouches asiatiques qui s’attaquaient à leurs plantations.

En 2019 l’Europe emboite le pas à la France en n’autorisant plus l’utilisation de cette molécule au sein de l’UE. 

Mais parallèlement les limites maximales de résidus de ce pesticide sur les fruits n’étaient pas abaissées à zéro.

Les importateurs se sont donc engouffrés dans la brèche, faisant venir de l’extérieur de l’UE des fruits traités avec ce pesticide désormais interdit mais moins chers que ceux produits localement.

C’était donc la double peine pour les agriculteurs ainsi que pour les consommateurs. Des prix de revient en hausse pour les horticulteurs, une concurrence déloyale de l’étranger et des prix chez le détaillant en hausse à moins de consommer des fruits traités avec une substance si nocive qu’elle en est interdite.

Il faudra attendre la récolte de 2021 pour qu’entre en application une limitation européenne qui ne tolère plus de traces de Dimethoate sur les fruits et mette fin à cette situation ubuesque.