Etat des lieux de la pollution au plomb produite par l’incendie de Notre Dame de Paris

29/10/2020


Plus d’un an après l’incendie de Notre-Dame de Paris, le bilan officiel de la pollution de l’environnement par le plomb n’est toujours pas disponible. Une équipe de l’Université Columbia a publié, en juin 2020, la seule étude disponible sur les niveaux de pollution après l’incendie.

Quels sont les niveaux de pollution observés aux alentours de Notre-Dame de Paris ?

Les chercheurs de Columbia ont collecté des échantillons de sol et de poussière repartis selon des cercles concentriques et sous le panache de fumée. Ils ont ensuite procédé à l’analyse de la teneur en plomb avec un détecteur à fluorescence X.

Les résultats obtenus sont exprimés en mg/kg (milligramme de plomb par kilogramme d’échantillon) et directement comparables avec le seuil sanitaire de 300 mg/kg applicable dans l'Union Européenne.

Les résultats montrent des niveaux de contamination compris entre 30 et 9000 mg/kg. La valeur moyenne mesurée était de 400 mg/kg et un échantillon sur 2 contenait moins de 140 mg/kg de plomb (valeur médiane). Ce qui démontre qu’il y a bien des zones beaucoup plus polluées que d’autres.

Sur les 100 prélèvements analysés, 29 échantillons présentaient une concentration supérieure au seuil de référence de 300 mg/kg dont 21 étaient localisés sous le panache de fumée de l’incendie.

D’une façon générale, les zones situées sous le panache présentaient une concentration plus élevée que celles situées en dehors.

Les échantillons les plus contaminés (> 2000 mg/kg) étaient situés à la fois à proximité de la cathédrale et sous le panache de fumée de l’incendie.

Ces observations ont également été confirmées par une autre étude s’intéressant à la teneur en plomb du miel produit à Paris.

 

Quelle est la valeur de l’étude de l’Université Columbia ?

L’étude a été réalisée par une université dont le sérieux est réputé mondialement. Néanmoins la méthodologie de prélèvement laisse à désirer.

En effet, l’utilisation de matériel en métal (cuillères et tamis) présente un risque éventuel de contamination des échantillons.

Cependant l’ensemble des prélèvements a été réalisé selon le même protocole et avec le même matériel.

Donc si contamination il y a eu, elle sera quasiment la même dans tous les échantillons et n’impacte pas les conclusions des comparaisons présentées dans l’étude.

Un prélèvement de poussière avec un matériel adapté (en plastique) aurait permis d’éviter ces questionnements.

 

Quels sont les risques de fréquenter les zones contaminées par le plomb ?

Le plomb est un métal toxique qui s’accumule dans l’organisme et s’élimine très lentement. C’est un élément toxique sans seuil et il est essentiel d’éviter et de limiter toute exposition.

Fréquenter un lieu dont le sol ou la poussière présente une teneur en plomb supérieure à 300 mg/kg expose significativement les organismes.

La pollution de l’environnement extérieur se diffuse et s’accumule à l'intérieur des bâtiments dans les zones polluées par le plomb. Par exemple, le plomb va venir se fixer à la semelle des chaussures et la pollution va ainsi être transportée sur les lieux de travail comme dans les habitations.

Comme nous passons 80% de notre temps dans les bâtiments, il est important de réaliser un contrôle du niveau de pollution ambiant par le plomb pour évaluer si le seuil de référence sanitaire est dépassé.

 

Les pouvoirs publics ont-ils pris conscience de l’ampleur de cette pollution au plomb ?

L’INERIS avait démontré en Novembre 2019 que le nuage de fumée avait transporté du plomb jusqu’au moins 50 kilomètres de Paris dans la direction de l’Ouest en passant ainsi sur les 6eme, 7eme, 8eme, 15eme, 16eme, 17eme arrondissements de Paris puis sur des villes comme Neuilly, Puteaux, Suresnes, Orgeval, Rueil Malmaison, Saint Cloud, Saint germain-en-laye, Mantes la Jolie, Limay…

Cette étude officielle de l’INERIS a confirmé la carte publiée par YOOTEST dès juin 2019 et aurait dû alerter les autorités des risques sanitaires pour les populations.

L’Hôtel de Ville de Paris a quant à lui été sérieusement mis en cause par Mediapart qui dénonce les méthodes de prélèvement (lingettes) et la manipulation des résultats dans le but d’éviter d’avoir à fermer des établissements scolaires.

A notre connaissance, aucune municipalité n’a effectué de campagne de grande envergure avec des prélèvements de poussière pour mesurer la réalité de la pollution.  Si YOOTEST a été contacté par les services techniques de plusieurs villes concernées pour fournir des kits de d’analyse, le feu vert politique n’a jamais été donné.

Aujourd’hui, l’étude de l’Université Columbia met clairement en évidence la pollution par le plomb liée à l’incendie de Notre-Dame et l’on peut se questionner sur la position des autorités.

Si vous souhaitez savoir si votre logement ou votre bureau présente un niveau de pollution au plomb dangereux, c’est donc à vous de réaliser la mesure !

 

Comment mesurer la pollution au plomb dans un bâtiment ?

L’analyse des poussières permet de mesurer la pollution d’un logement ou d’un bureau par le plomb. Le kit d’analyse YOOTEST Plomb permet de réaliser un prélèvement en toute simplicité avec un aspirateur, inclus le transport de l’échantillon et bénéficie de la fiabilité d’une analyse en laboratoire. Les résultats sont présentés dans un rapport interprété et compréhensible de tous.

 


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Sources:

Fallout of lead over Paris from the 2019 Notre-Dame cathedral fire : https://doi.org/10.1002/essoar.10503270.3

Honey Maps the Pb Fallout from the 2019 Fire at Notre-Dame Cathedral, Paris: A Geochemical Perspective : https://pubs.acs.org/doi/10.1021/acs.estlett.0c00485

Notre-Dame: six mois après l’incendie, les coulisses d’un scandale sanitaire caché : https://www.mediapart.fr/journal/france/171019/notre-dame-six-mois-apres-l-incendie-les-coulisses-d-un-scandale-sanitaire-cache?onglet=full