Des poussières toxiques dans les logements et les bureaux

Des poussières toxiques dans les logements et les bureaux

16/04/2019


La poussière est omniprésente dans les habitations, les bureaux, les transports en communs ou les automobiles. A partir du moment où nous sommes dans un espace confiné la poussière est là !

Cet article s’intéresse principalement aux substances chimiques toxiques : les Composés Organiques Semi-Volatils (COSV) que l’on retrouve très fréquemment dans les poussières des logements et des bureaux.

Quand on pense poussière on pense en générale à passer un coup de chiffon sur son mobilier et ses bibelots pour éviter qu’autrui pense que l’on néglige la tenue de son intérieur. Rien de bien méchant mais en réalité nous avons affaire à un vecteur de nombreux produits toxiques qui peuvent s’avérer dangereux pour notre santé.

Les poussières qui peuvent passer les barrières respiratoires sont les particules fines dont la taille est inférieure à 10 µm (micromètre, PM10), il s’agit de la fraction inhalable qui parvient jusqu’aux poumons. Les particules de taille inférieure à 2,5 µm constitue la fraction alvéolaire qui parvient jusqu’au plus profond des poumons dans les alvéoles pulmonaires. Plus les particules sont fines plus elles pénètrent profondément dans le système respiratoire et plus elles sont nocives. Ces particules contiennent des polluants chimiques auxquels nous sommes quotidiennement exposés.

Les origines de la poussière sont très variées : des particules issues de la circulation automobile, des fibres textiles de nos vêtements, des peaux mortes ou des poils que nous ou nos animaux domestiques laissons derrière nous, des insectes morts, des résidus de notre alimentation, la dégradation du bois, des peintures ou du béton de nos maisons... Il est impossible d’en dresser une liste exhaustive et quand la poussière n’a pas pour origine ce qui se passe dans votre habitation vous la ramenez chez vous à la semelle de vos chaussures ou sur vos vêtements.

Détail important, plus l’air est sec plus la poussière va être présente dans l’air. Il est donc important de contrôler l’humidité de son environnement intérieur pour limiter la présence de particules fines dans l’air mais également les risques d’irritation des voies respiratoires (Humidité relative < 40%) et de développement de moisissures (Humidité relative > 60%).

Si vous vivez dans une ville ou non loin d’un site industriel, toutes sortes de substances sont susceptibles de venir polluer votre air intérieur via la poussière, telles que le plomb ou l’amiante.

On pourrait même parler de poussière contemporaine la modification de nos habitudes de consommation on trouve désormais dans la poussière des composés chimiques qui n’existaient pas dans le passé et qui sont peu présent à l’extérieur des espaces clos.

L'Observatoire de la Qualité de l'Air Intérieur (OQAI) mène régulièrement des campagnes de mesure de la qualité de l'air intérieur afin de dresser un état des lieux en France et d’identifier les substances préoccupantes pour la santé.

Entre 2008 et 2009, une étude intitulée "Plomb Habitat" réalisées sur 484 logements a permis de collecter les poussières déposées au sol à l'aide d'aspirateurs domestiques.

Des prélèvements de particules en suspension, ce que l’on appelle des poussières fines (PM10), ont également été réalisés sur des filtres à l'aide de pompes lors de la campagne nationale logements entre 2003 et 2005.

Des Composés Organiques Semi-Volatils (COSV) ont été recherchés dans les prélèvements de particules fines en suspensions et dans les poussières déposées au sol. Les substances chimiques recherchées dans les prélèvements de poussière sont des plastifiants (phtalates, tributyl phosphate TBP et bisphénol-A), des résidus de combustion (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques HAP), des retardateurs de flamme (Poly-Chloro-Biphényl PCB et Poly-Bromé-Diphényl-Ether PBDE), des pesticides (organochlorés, organophosphorés et pyréthrinoïdes) et des agents odorants (Muscs polycycliques).


Les pesticides

Les pesticides sont des substances chimiques utilisées pour éliminer les espèces biologiques jugées indésirables. Les principales catégories de pesticides sont les insecticides, les herbicides et les fongicides.

Dans l’environnement intérieur, ils proviennent du traitement des animaux domestiques, de la lutte contre les insectes (moustiques, guêpes et frelons, mouches, blattes et fourmis) et des traitements du bois pour leur protection contre les insectes xylophages (insecticides) et contre les moisissures (fongicides).

La présence de pesticides a été mise en évidence dans des prélèvements de poussières déposées au sol. Des échantillons contenaient de la perméthrine, un insecticide pyréthrinoïde utilisé notamment dans les produits anti-moustiques (spirales, diffuseur et spray) et un grand nombre d’insecticides d’usage domestique. Il est généralement accompagné du piperonide butoxyde, un additif synergisant qui permet d’augmenter d’un facteur 100 à 1000 la toxicité des pyréthrinoïdes comme la bifenthrine et la cypermethrine.


La plupart des logements et les bureaux sont contaminés par des insecticides comme la permethrine

D'autres insecticides ont également été fréquemment détectés dans les habitations : le lindane (gamme-HCH, Hexa-Chloro-cycloHexane), 4,4'-DDE (produit de dégradation du DDT, insecticide interdit depuis plusieurs décennies), chlorpyrifos, deltaméthrine, dieldrine, oxadiazon, cyfluthrine, cyperméthrine, endosulfan, diazinon, aldrine et endrine.

La plupart de ces pesticides sont des polluants organiques persistants (POP) interdits depuis plusieurs dizaines d’années et des insecticides. Une grande majorité de ces molécules sont des perturbateurs endocriniens et les occupants y sont exposés de façon chronique, c’est-à-dire à de faible dose mais quotidiennement.

L’analyse des poussières dans les logements et les bureaux avec un Test YOOTEST Pesticides Domestique permet d’évaluer la contamination de l’environnement intérieur par les polluants organiques persistants (POP), les insecticides, les herbicides et les fongicides d’usage domestique courant.


Les plastifiants

Les plastifiants sont des molécules chimiques ajoutées aux polymères plastiques pendant la fabrication pour en modifier les propriétés mécaniques.

Dans l’environnement intérieur, ils proviennent des matières plastiques présentes dans les logements et les bureaux : revêtements de sol, tapis et moquettes, peintures, surface synthétique recouvrant le mobilier en bois, les matériaux en plastique, les fibres de tissu synthétiques…

Des plastifiants ont été détectés dans tous les prélèvements de poussières déposées au sol.

Ainsi tous les échantillons contenaient du bisphénol-A et plusieurs phtalates : benzyl-butylphtalate (BBP), di-butyl-phtalate (DBP), di-ethyl-hexyl-phtalate (DEHP), di-iso-butyl-phtalate (DiBP) et di-iso-nonyl-phtalate (DiNP).

En plus d'être omniprésents dans les logements, les concentrations de ces perturbateurs endocriniens très élevés.


Les plastifiants comme les phtalates et les bisphénols constituent les polluants majoritaires de l’air intérieur

La recherche des plastifiants pour évaluer la pollution de l’environnement intérieur peut être réalisée avec un Test YOOTEST Plastifiants. Les analyses en laboratoire portent sur les principaux phtalates, les bisphénols et les organophosphorés comme le TBP (Tri-Butyl-Phosphate) et le TPP (Tri-Phényl-Phosphate)


Les résidus de combustion :

La combustion des matériaux produit des suies chargées d’Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques ou HAP.

Dans l’environnement intérieur, ils proviennent des activités de cuisine, de la combustion des bougies, de l’encens et des parfums, des cheminées et poêles utilisées pour le chauffage.

Les résultats des analyses de poussière  la présence de phénanthrène, de fluorène et de benzo(a)pyrène dans tous les échantillons.

Le benzo(a)pyrène ou BaP est dangereux pour la santé classé substance cancérigène avéré (Groupe 1) selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). D'autres HAP sont également fréquemment mesurés comme l’anthracène et l’acénaphtène. La plupart des HAP sont classés cancérigène probable (Groupe 2A) et possible (Groupe 2B).

Ces polluants cancérigènes et perturbateurs endocriniens sont présents dans les poussières en faibles concentration mais ils sont présents en grande quantité après un dégât du feu.


La mesure des HAP pour évaluer la contamination de l’air intérieur peut être réalisée avec un YOOTEST Dégâts du Feu. Les analyses réalisées en laboratoire se concentrent sur les HAP prioritaires de la liste US EPA avec le beno(a)pyrène

La mesure des HAP pour évaluer la contamination de l’air intérieur peut être réalisée avec un Test YOOTEST Dégâts du Feu. Les analyses réalisées en laboratoire se concentrent sur les HAP prioritaires de la liste US EPA avec le beno(a)pyrène


Les retardateurs de flammes

Les retardateurs de flamme sont des substances chimiques ajoutés dans de nombreux matériaux et produits de consommation. Ils permettent de diminuer leur inflammabilité et de limiter les risques d’incendie.

Les principales sources de retardateurs de flamme dans l’environnement intérieur sont les plastiques, les mousses d’ameublement (fauteuils, canapés), les appareils électroniques (ordinateurs, télévisions …), les moquettes et les tissus d’ameublement (rideaux, fauteuils, canapés …) et les vêtements.

Il existe plusieurs familles de retardateurs de flammes à rechercher dans es logements et es bureaux. Les Poly-Chloro-Biphényls ou PCB sont des substances chimiques organochlorés qui ont largement utilisé jusqu’à leur interdiction dans les années 1990. Ils sont inscrits sur la liste de la convention de Stockholm des Polluants Organiques Persistants (POP) continuent de contaminer nos environnements intérieurs en raison de leur grande persistance dans l’environnement.

Ils ont été remplacés par les Poly-Brominated-Diphényl-Ethers ou PBDE. Ces derniers présentent un risque important pour les populations et l’environnement. Ils sont également inscrits sur la liste des POP de la convention de Stockholm. Bien que les PBDE ne soient pas encore totalement interdits, ils sont substitués par le Tétra-Bromo-Bisphénol-A et différentes molécules chimiques de la famille des organophosphorés comme le Tri-Phényl-Phosphate (TPP) ou le Tris(2-ChlorEthyl)-Phosphate (TCEP)

Les PCB et les PBDE sont des perturbateurs endocriniens qui ont été mesurés dans la grande majorité des échantillons de poussière lors de la campagne de de l’OQAI. Les composés les plus fréquents sont: PBDE209, PBDE99, PBDE47, PCB101, PCB 138, PCB 153 et PCB 118.

Les organophosphorés sont des substances neurotoxiques qui agissent sur le fonctionnement du système nerveux central et périphérique.


Les retardateurs de flammes sont des perturbateurs endocriniens et des produits neurotoxiques. Ils sont très souvent mesurés dans l’air intérieur à des niveaux préoccupants pour la santé humaine

La contamination de l’environnement intérieur par les retardateurs de flamme peut être mesurée avec un Test YOOTEST Retardateur de Flamme. Les analyses faites en laboratoire concernent les PCB, les PBDE, les organophosphorés et le TBBA.

Les conclusions de cette campagne de mesure sont préoccupants et démontrent une pollution avérée de l’ensemble des logements par de multiples substances chimiques. Les COSV sont présents sur les particules de poussières que nous respirons quotidiennement dans notre logement ou notre lieu de travail.

Nous sommes soumis de façon chronique à cette pollution diffuse et continue. Les enfants sont beaucoup plus sensibles à cette pollution que les adultes, notamment concernant les effets des perturbateurs endocriniens.

L’OQAI a également réalisé une campagne de mesure dans des écoles et les résultats de la campagne logement sont malheureusement confirmés pour les écoles où nos enfants passent de nombreuses heures par jour pendant les années de leur scolarité.

Les polluants chimiques sont beaucoup plus stables dans les bâtiments qu’en milieu extérieur. En conséquence, une contamination de l’air intérieur par ces molécules toxique est durable et persistante. La plupart de ces polluants sont présents dans les produits que nous utilisons au quotidien produits ménagers, cosmétiques, appareils électroniques, mais également dans notre mobilier.

Pour limiter cette pollution, il est essentiel d’aérer quotidiennement son logement car l’air extérieur est moins pollué que l’air intérieur.

Vivre dans un environnement intérieur pollué induit une exposition chronique des occupants et présente un risque pour leur santé. Réaliser un test de qualité de l’air intérieur pour rechercher les pesticides, les plastifiants, les résidus de combustion et les retardateurs de flamme permet d’évaluer la contamination des logements et des bureaux et d’agir pour limiter la présence de ces molécules toxiques dans l’environnement intérieur.