Pesticides, qualité de l’air intérieur et COVID-19

Pesticides, qualité de l’air intérieur et COVID-19

01/05/2020


Pour des raisons compréhensibles le gouvernement n’a pas décidé́ de confiner les agriculteurs.

Avec l’arrivée du printemps, les pulvérisations agricoles à proximité des habitations ont donc repris.

Toutefois du fait de la crise sanitaire due au Covid-19 les concertations sur les distances de sécurité́ entre les habitations et les pulvérisations de pesticides qui étaient prévues par la loi n’ont pas été réalisées.

Le ministère de l’Agriculture a autorisé une réduction au minimum possible des distances, dès le début de la saison des épandages.

Dans sa 4eme version, du 30 mars 2020, un décret du Ministère de l’agriculture autorise en effet en période de confinement, des dérogations supplémentaires inadmissibles aux zones de non traitement.


Des pollutions qui rendent plus sensible au COVID

Cela est particulièrement préoccupant dans la mesure où en plus des effets délétères des pesticides, il est reconnu que toute pollution aggrave les effets du Covid-19.

Pollution de l’air, expositions aux pesticides et aux perturbateurs endocriniens sont responsables d’une augmentation des maladies chroniques et des cancers.

Toutes ces affections rendent notre système immunitaire moins performant face au Covid-19.

ATMO-France considère la pollution de l’air comme facteur aggravant en cas d’infection par le Covid 19.

Des associations comme « Générations Futures » ou « Reporterre » ont réagis et militent pour une meilleure protection des riverains subissant les épandages de pesticides.


Des distances de securités déjà trop faibles, encore reduites...


Pour rappel, le gouvernement avait fin décembre définis des « zones de non traitement ». Les distances entre les épandages de pesticides et les limites de propriété des habitations bordant les champs avaient été fixées à : Dix mètres pour les cultures hautes tels que les arbres fruitiers ou les vignes ; Cinq mètres pour les autres comme blé, maïs, colza, légumes, etc… Vingt mètres, quel que soit le type de culture, pour les substances les plus dangereuses. Adopté en même temps, un décret demandait à chaque département d’adopter des « chartes d’engagements des utilisateurs ». Une fois adoptées, elles permettent la réduction de ces distances à : Cinq mètres pour les vignes et l’arboriculture,
 Trois mètres pour les autres cultures,
les vingt mètres restant de rigueur pour les substances les plus dangereuses. Cela en utilisant des « systèmes antidérive », des épandeurs qui doivent permettre aux produits phytosanitaires d’atteindre leurs cibles avec un minimum de pertes.

Quelles sont les précautions à prendre, sachant que les enfants sont particulièrement vulnérables ?

  • Lire les éventuels avis de traitement, fermer les fenêtres et ne pas sortir dans le jardin ou sur les terrasses pendant les pulvérisations.
  • Signaler les comportement  inadaptés : distances d’épandage, conditions météorologiques.
  • Aérer et dépoussiérer après les traitements.
  • Effectuer une analyse de poussière qui permet d’obtenir une mesure de la pollution résiduelle dans votre habitation.

Sources:

The Lancet: https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30566-3/fulltext#tables

 

EPHA European Public Health Alliance : https://epha.org/coronavirus-threat-greater-for-polluted-cities/

 

ATMO-France : https://atmo-france.org

Générations Futures :  https://www.generations-futures.fr/actualites/

Reporterre 6 avril 2020 :  https://reporterre.net/Pendant-le-confinement-les-epandages-de-pesticides-autorises-pres-des-habitations

https://reporterre.net/La-pollution-nous-rend-plus-vulnerables-au-coronavirus